
PER assurantiel ou PER bancaire : quel choix en 2026 avec la flat tax à 31,4 % ?
Depuis le 1er janvier 2026, la flat tax est passée à 31,4 % — portée par la hausse des prélèvements sociaux à 18,6 %. Pour tout épargnant détenteur d’un PER assurantiel, cette évolution relance une question concrète : faut-il privilégier un PER assurantiel, un PER bancaire, ou maintenir une assurance-vie en parallèle ? Voici les éléments de réponse, chiffrés et actualisés.
Flat tax 31,4 % en 2026 : ce que cela change pour votre PER
Le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) s’applique aux revenus du capital. Sa composition depuis le 1er janvier 2026 :
- 12,8 % d’impôt sur le revenu forfaitaire
- 18,6 % de prélèvements sociaux (contre 17,2 % avant 2026), soit une hausse de 1,4 point
Pour un PER assurantiel ou bancaire, la règle de sortie en capital reste identique : les versements déduits à l’entrée sont imposés au barème progressif de l’IR à la sortie, et les plus-values générées sont soumises au PFU de 31,4 %. Cette hausse d’1,4 point pèse directement sur la rentabilité nette — raison de plus pour bien choisir son enveloppe dès l’ouverture.
PER assurantiel vs PER bancaire : les 6 différences qui comptent
| Critère | PER Assurantiel | PER Bancaire |
|---|---|---|
| Support juridique | Contrat d’assurance | Compte-titres |
| Fonds en euros | Oui — capital garanti possible | Non disponible |
| Fiscalité successorale | Art. 990 I ou 757 B CGI selon l’âge au décès | Droits de succession classiques |
| Impact flat tax 31,4 % | Sur les plus-values en unités de compte | Sur l’ensemble des gains |
| Clause bénéficiaire | Oui | Non |
| Frais moyens | Plus élevés (gestion + unités de compte) | Plus faibles en général |
Le PER assurantiel se distingue principalement par deux atouts : l’accès aux fonds en euros et un régime successoral spécifique hors droits de succession classiques. Le PER bancaire compense par des frais réduits et une architecture ouverte en gestion libre.
La règle des 70 ans au décès : le point souvent mal compris du PER assurantiel
Pour le PER assurantiel, c’est l’âge au moment du décès — et non l’âge des versements — qui détermine le régime fiscal applicable aux bénéficiaires.
- Décès avant 70 ans → Article 990 I du CGI : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis prélèvement de 20 % jusqu’à 700 000 €, 31,25 % au-delà. Conjoint et partenaire de PACS exonérés à 100 %.
- Décès après 70 ans → Article 757 B du CGI : abattement global de 30 500 € tous bénéficiaires et contrats confondus, puis droits de succession au barème. Particularité du PER assurantiel : primes ET gains entrent dans l’assiette taxable — à la différence de l’assurance-vie où les gains restent exonérés après 70 ans.
La LFI 2026 a par ailleurs supprimé la déductibilité IR des versements sur un PER assurantiel ou bancaire effectués après 70 ans. Résultat : aucun avantage à l’entrée, et un régime successoral dégradé. L’ouverture d’un PER avant 70 ans reste donc la seule stratégie cohérente.
Vous approchez des 65 ou 70 ans et vous détenez déjà un PER assurantiel ? Un audit de votre situation permet de modéliser l’impact réel sur votre transmission et d’arbitrer entre maintien, rachat ou bascule vers l’assurance-vie. Demandez une analyse gratuite à un expert Asorae.
PER assurantiel vs assurance-vie : le comparatif complet
Ces deux enveloppes répondent à des objectifs différents — et se combinent souvent de façon efficace. Voici les arbitrages clés.
| Critère | PER Assurantiel | Assurance-Vie |
|---|---|---|
| Déduction à l’entrée | Oui — versements déductibles du revenu imposable | Aucune |
| Disponibilité | Bloqué jusqu’à la retraite (hors cas légaux) | Rachat à tout moment |
| Fiscalité des rachats | IR au barème + PFU 31,4 % sur plus-values | PFU 31,4 % — abattement annuel après 8 ans |
| Succession avant 70 ans | 152 500 € par bénéficiaire (âge au décès) | 152 500 € par bénéficiaire (âge au versement) |
| Succession après 70 ans | 30 500 € global — primes ET gains taxés | 30 500 € global — gains exonérés |
| Fonds en euros | Oui | Oui |
| Clause bénéficiaire | Oui | Oui |
Le PER assurantiel s’impose sur :
- La fiscalité à l’entrée : chaque euro versé réduit le revenu imposable de l’année. À une TMI de 41 % ou 45 %, l’économie immédiate est substantielle.
- Les profils fortement imposés : un TNS ou cadre supérieur à TMI 41 % qui verse 10 000 € sur son PER assurantiel économise 4 100 € d’IR la même année.
- La discipline d’épargne longue : le blocage des fonds est une contrainte, mais aussi une garantie de ne pas puiser dans l’épargne retraite.
L’assurance-vie conserve l’avantage sur :
- La disponibilité : aucun blocage, rachats partiels ou totaux à tout moment.
- La transmission après 70 ans : les gains capitalisés restent hors assiette successorale — seules les primes versées après 70 ans sont taxées.
- La souplesse patrimoniale : épargne de précaution, projets intermédiaires, transmission sur-mesure.
La stratégie 2026 qui fonctionne :
Combiner PER assurantiel et assurance-vie reste l’arbitrage le plus efficace fiscalement : le premier réduit l’impôt aujourd’hui, le second préserve la souplesse et optimise la transmission après 70 ans.
Pourquoi les fonds en euros redeviennent un argument en 2026
La remontée des taux directeurs de la BCE redonne de l’attractivité aux fonds en euros, accessibles dans le PER assurantiel comme dans l’assurance-vie. Pour les profils proches de la retraite — horizon cinq ans ou moins — cette sécurité sur le capital représente un avantage concret que le PER bancaire, limité aux unités de compte et aux ETF, ne peut pas offrir.
Pour vérifier les taux servis sur les fonds en euros en 2026, consultez le dossier épargne retraite sur service-public.fr.
Trois questions à se poser avant d’arbitrer entre PER assurantiel et assurance-vie
- Quelle est votre tranche marginale d’imposition (TMI) actuelle ? Plus elle est élevée aujourd’hui, plus la déductibilité du PER assurantiel génère un gain fiscal immédiat.
- Quel est votre âge ? Avant 70 ans, PER assurantiel et assurance-vie sont comparables sur le plan successoral. Après 70 ans, l’assurance-vie reprend un avantage net.
- Avez-vous besoin de liquidités dans les années à venir ? Si oui, l’assurance-vie reste indispensable en complément du PER assurantiel.
PER assurantiel en 2026 : ce qu’il faut retenir
La flat tax à 31,4 % ne renverse pas la hiérarchie. Le PER assurantiel reste l’enveloppe de référence pour réduire l’impôt aujourd’hui et préparer la retraite sur le long terme. L’assurance-vie conserve un avantage décisif sur la transmission après 70 ans et la disponibilité des fonds. La stratégie optimale : les deux en parallèle, chacun dans son rôle, calibrés sur votre situation personnelle.
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Article rédigé par Asorae Courtage — Courtier indépendant, ORIAS n° 26006424

